mercredi 14 janvier 2009

En face de l'Afrique par Hermann Hesse

Il est bon d'avoir un chez soi,
De dormir à l'abri d'un toit quoi soit le vôtre,
D'avoir enfants, jardin, chien. Hélas, chaque fois
Que du dernier voyage on ne sent plus le poids,
L'appel des horizons vous en suggère un autre.
Mieux vaut subir sa nostalgie,
Solitaire, et, sous les étoiles hautes, déplorer
Le ciel lointain de sa patrie.
Seul peut avoir et demeurer
Celui-là dont le coeur bat avec nonchalance ;
Le voyageur, peines, tourments vont l'entourer,
Trompant toujours son espérance.
Mais souffrir du voyage est, au fond, plus aisé
Que de trouver au foyer son désir apaisé.
Au cercle familier de soucis et de joie,
A bâtir son bonheur le sage seul s'emploie.
Moi j'aime mieux chercher et ne jamais trouver
Que me laisser au chaud, à l'étroit, captiver.
Même pour le bonheur, ma nature profonde
Est d'être passager, non bourgeois, en ce monde.

1 commentaire:

mathieu a dit…

Je ne connaissais pas celui... du Hermann Hesse comme on les aime.. merci