Petit truc écrit il y a quelques temps, dans un micro-essai pour un cours intitulé " Science, Technology & Culture". Désolé pour le coté un peu scolaire...
"Une des grandes tendances récentes dans la société occidentale est sa confiance absolue dans le progrès scientifique. En effet depuis la révolution industrielle, il y a eu plus d’inventions et de changements technologiques que dans toute l’histoire de l’humanité antérieure réunie. L’homme a profondément changé sa façon de vivre en conséquence, et dans bien des domaines cette évolution est perçue comme profondément positive. La plupart des aspects négatifs sont compensés par le bénéfice qu’apporte en parallèle ce même mal. A celui qui prétend que les avions sont une source importante de pollution atmosphérique, on répondra qu’ils sont de formidables moyens de transport de personnes partout dans le monde, affranchissant l’Homme de toute contrainte dans sa liberté de mouvement. La conclusion est donc que les formidables progrès effectués dans bien des domaines grâce à la science donne à celle-ci un crédit indiscutable : elle a depuis longtemps prouvé son utilité pour l’humanité dans sa forme moderne, c’est-à-dire en repoussant toujours plus loin les limites de la compréhension du monde extérieure, et donc l’utilisation que l’on peut en faire pour améliorer la condition humaine.
C’est dans ce contexte qu’est apparue à la fin du 20e siècle une situation inédite : l’Homme s’est aperçut des conséquences du mode de vie occidental, i.e. celui tirant le plus profit des avancées scientifiques, sur son lieu d’existence, i.e.
Le résultat assez visible : de manière globale, les sociétés occidentales excluent tout renoncement à la science, même de façon partielle. Cela s’explique tout d’abord de façon pratique : la science est tellement présente dans le mode de vie occidental actuel qu’il est impossible de l’exclure du jour au lendemain. Ensuite, faire ceci est généralement considéré comme « un retour à l’âge de pierre », sous-entendu que la science serait la preuve de l’évolution de l’Homme dans son intégralité…on retrouve cette idée de quasi-croyance. Enfin la troisième explication est celle qui est la plus mise en avant : les scientifiques finissent toujours pas trouver une nouvelle solution technologique, pourquoi pas cette fois encore ? Cela peut sembler un peu caricatural, car en effet de plus en plus de campagnes de publicité incitent à économiser les ressources actuelles par des « gestes simples », mais cela se fait toujours « dans l’attente d’une solution ». Ainsi donc, il existe dans les sociétés occidentales une confiance très forte dans le progrès scientifique, qui a pour conséquence une tendance à la déresponsabilisation (voire à la négation) face par exemple à l’impact écologique du mode de vie occidental : cela pourra toujours être résolu par la science.
Une autre conséquence de ce fait est une banalisation de l’exploitation des résultats scientifiques, au profit d’une production satisfaisant (ou créant) la demande. De manière concrète, l’individu moyen ne connait pas le principe de fonctionnement de la plupart des technologies qu’il utilise quotidiennement, car semble totalement superflu. Bien évidemment il est humainement impossible d’avoir toutes les connaissances scientifiques permettant d’expliquer le fonctionnement de tout objet technologique et c’est la raison pour laquelle il existe des spécialistes dans chaque domaine. Néanmoins, même si cela parait normal, il est quand même paradoxal qu’en conséquence, peu de gens cherchent à comprendre ne serait-ce qu’une partie de ce qu’ils utilisent le plus au quotidien : la technologie. Nous en revenons donc malgré tout à l’idée de consommation, inhérente au fait que des les sociétés occidentales actuelles, le « comment » prévaut sur le « pourquoi ». Par ailleurs, du point de vue de la morale, peut être que si tout le monde savait à base de quoi et ce qu’implique l’utilisation de certaines technologies, les lois du marché en seraient changées. Heureusement ce genre de sensibilisation est venue à exister pour certains produits sensibles (par exemple sur la question des fast-foods, des OGM, etc.) mais est loin d’être systématique."
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